Sang pour Sang Campus : une décennie de succès

L’opération Sang pour Sang Campus menée en collaboration avec l’EFS a fêté ses 10 ans le 13 novembre dernier sur le Campus universitaire de Pessac. A l’occasion de cet anniversaire, quel bilan peut-on tirer de cette initiative bordelaise ? Rencontre avec Gilbert Courier, coordinateur de l’opération Sang pour Sang Campus.

Pour ce dixième anniversaire, aujourd’hui, Mercredi 14 novembre, 12h, combien d’inscrits avez-vous comptabilisés ?

L’objectif est de 1500 inscrits, c’est à dire 15 à 20% de plus que l’année dernière. Cette saison 2018 de Sang pour Sang Campus est pour l’instant un succès car hier le record a été battu avec 583 étudiants inscrits pour la première journée entre 10h et 18h. Ce résultat est le plus important jamais atteint dépassant même ce que l’ont a fait en 2015 à la suite des attentats où l’opération a eu lieu la semaine post-attentat qui a vu un élan de générosité de la part des étudiants pour le dons de sang.

Le Campus de Pessac a été précurseur de l’opération Sang pour Sang Campus à sa création en 2008. Pourquoi implanter l’opération à Bordeaux ? Comment et pour quelles raisons cette initiative a-t-elle été mis en place ? 

Car nous sommes membres du bureau bordelais de l’association Lions et en 2008 un des membres de Lions a eu l’idée de créer une initiative en collaboration avec l’Etablissement français du sang (EFS) . Nous avons donc constitué un comité d’une quinzaine de personnes qui ont élaboré le concept de Sang pour Sang Campus.

Pourquoi viser le public étudiant en particulier ? Quelle importance donnez-vous au recrutement des primo-donneurs ?

A l’époque, il existait déjà de nombreuses initiatives destinées à un public plus âgés. Nous nous sommes alors dit : pourquoi ne pas aller vers la jeunesse ? Notre association réuni à la fois des jeunes mais aussi beaucoup d’anciens, donc l’idée de ce rapprochement avec les jeunes était très sympathique. De plus le Campus de Pessac est un vivier de plus de 25.000 étudiants. Nous avons commencé en 2008 avec l’accueil de 600 étudiants et aujourd’hui nous en sommes à 1500 environ.

La recherche de primo-donneurs est en effet l’une des autres caractéristiques de notre opération. En général, 50 à 55% du total de la collecte sont des primo-donateurs. Ce sont donc des jeunes que l’EFS ne connaissait pas et qui pourront, à terme, devenir des donateurs réguliers, relancés via la communication de l’EFS et ainsi démocratiser le don de sang.

En 10 ans d’opération Sang pour Sang Campus, organiser un tel évènement n’a pas dû être simple. Avez-vous rencontrées certaines difficultés ?

La collecte du Campus de Pessac est la plus grosse parmi les 26 collectes organisées à travers toute la France. La difficulté essentielle était donc celle de l’emplacement. En 10 ans nous sommes passés de moins de 300 m2 à 750 m2 pour l’accueil et la collecte des donneurs.

L’EFS doit aussi mettre en place des moyens importants tels que le recrutement du personnel qui a augmenté au fil des années. Cette années 8 médecins et 20 lits on été réquisitionnés. Du côté de l’association Lions le défi est essentiellement de gérer l’accueil et la restauration des donneurs ainsi que de gérer les animations mis en place (caricaturistes, magiciens, street artistes…) 

Nous n’avons eu aucun problème avec la faculté concernant l’emplacement qui depuis 10 ans nous soutient grâce à une administration extrêmement ouverte. Elle nous aide également pour transmettre l’information via la messagerie de l’université.

  Un comité d’organisation entre Lions et l’EFS que je pilote depuis 7 ans se répartit les tâches organisationnelles. Chaque année nous nous sommes imposés un bilan critique de notre action ce qui a permis d’améliorer chaque année l’accueil et la collecte, sans oublier surtout, de s’ouvrir aux idées nouvelles.

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Quel rôle jouent les associations étudiantes au sein de l’université pour promouvoir cette initiative ?

Nous travaillons en effet en collaboration avec des associations étudiantes. Elle sont nos meilleurs relais pour promouvoir l’opération, des jeunes qui parlent aux jeunes c’est toujours plus efficace. En ce dixième anniversaire afin de booster la mobilisation sur cette collecte d’envergure, les étudiants se sont engagés dans un challenge inter-école inédit entre Bordeaux Montesquieu, Bordeaux Montaigne, l’IEP, le groupe INP, Kedge et Staps. Ce challenge permet de comptabiliser la mobilisation des écoles. Nous cherchons à travailler avec les associations les plus dynamiques afin de relayer au mieux notre initiative. En 2008 la collaboration était modeste avec les étudiants mais aujourd’hui, elle est essentielle et est même inscrite dans le cahier des charges.

Par quels moyens se finance une opération de cette envergure ?

En plus des dons, de l’investissement humain de nos bénévoles, de la communication se sont les chapiteaux accueillant la collecte et financés par l’EFS qui coûtent le plus cher. Cette année un chapiteau de 750 m2 a été mis en place, pour un coût évalué entre 15.000 et 20.000 €. Par rapport à la première année avec un emplacement de moins de 300 m2, le budget a été revu à la hausse. L’association Lions quant à elle finance la patrie restauration grâce à des donations et à nos partenaires et sponsors tels que Casino, Métro ou encore la ville de Bordeaux et la Mairie de Pessac.

Laura Diab

@lauradiab2