À Bordeaux, coup de vert sur le logement

À Bordeaux et sa métropole, 50 ans d’une politique bétonnière effrénée cèdent difficilement le pas à une stratégie urbaine plus verte, sous la mairie écologiste de Pierre Hurmic depuis 202O.

Avec les dernières élections municipales, la Belle Endormie a perdu sa couronne de maître bâtisseur au profit d’une politique du logement plus verte.

En novembre 2017, Pierre Hurmic, alors dans l’opposition, fustigeait dans une tribune « l’idée d’une métropole bordelaise capable d’accueillir 1 million d’habitants », une politique démographique et urbaine initiée par Chaban-Delmas puis relancée par Alain Juppé en 2010 . Face à cet héritage lourd et à une population étouffée par une ville trop bétonnée et trop chère pour se loger, la nouvelle municipalité tente de rebattre les cartes de la politique du logement.

Pour couper avec les mesures d’antan, le maire écologiste avance sa politique des « 3 R » : renaturation, régulation et résilience . Pour autant, il doit concilier avec la stratégie métropolitaine « d’accueillir sur son territoire 230 000 habitants supplémentaires d’ici 2030 », l’obligation de s’aligner sur la loi SRU et les objectifs d’un urbanisme écologique, trois directives prévues dans le plan local d’urbanisme de Bordeaux Métropole. Alors que Bordeaux compte déjà 235 000 habitants dont 4 000 à la recherche d’un logement selon la Mairie, Pierre Hurmic entend maintenir l’objectif du Programme Local de l’Habitat avec 3 000 nouveaux logements par an et poursuivre des constructions neuves pour « faire la ville sur la ville quitte à accepter un peu de densité ».

« Notre volonté n’a jamais été d’arrêter de construire » précise le maire dans un article de la Tribune en mai 2021. Il s’agit avant tout de construire autrement ; une volonté réaffirmée lors du congrès HLM tenu à Bordeaux en novembre 2021 : « On peut être un maire bâtisseur sans être un maire bétonneur. »

Alors que la mairie tente de concilier la production de logements et ses objectifs écologiques, sa politique est décriée par Thomas Cazenave, élu LREM d’opposition, qui proclamait que le 4ème R serait celui du « renoncement ». Il reste quatre ans à la mairie écologiste pour lui donner tort, ou raison …

Entre dystopie, newsgame, décryptage et enquête de terrain, les journalistes d’Imprimatur ont scruté les enjeux pour Bordeaux et sa métropole en matière de logement.

Notre dossier.

Ysé Rieffel & Vivien Latour

Retour haut de page