Les galeries d’art, un placebo à la fermeture des musées

Les galeries d’art bordelaises ne peuvent pas remplacer les musées © Corentin Alloune

Quand pourra-t-on à nouveau déambuler dans les musées ? Contraints par les mesures gouvernementales, leurs portes sont closes depuis plus de 100 jours. Certains lieux de culture arrivent cependant à tirer leur épingle du jeu : les galeries d’art. Gratuites et intimes, elles bénéficient du statut de commerce essentiel. Mais la galerie d’art fait encore peur au grand public, contraint d’attendre une date de réouverture des musées qui pour l’instant reste floue.

Depuis plusieurs semaines, les professionnels de la culture sont en colère face aux nombreux paradoxes de la politique gouvernementale à l’égard de leur secteur. Dans Le Monde, une tribune a été publiée fin février pour dénoncer une politique du ‘deux poids, deux mesures’. “On peut déambuler dans la galerie commerciale du Louvre mais pas visiter un musée” s’insurge Sandrine Blanchard, journaliste au service culture du quotidien. A Bordeaux, cette interrogation quant à la possible ouverture des musées est partagée par Baptiste Maurin (opposition PS), conseiller municipal délégué pour l’éducation artistique et la médiation culturelle :

La lettre de Pierre Hurmic (EELV) adressée à la ministre de la culture, Roselyne Bachelot, pour la réouverture des musées n’a pas trouvé de réponse. Pedro Jiménez Morrás, chargé de la communication et presse du CAPC, se pose la même question. Il semble, cependant,  ravi que les galeries soient ouvertes afin d’offrir un accès à la culture pour les Bordelaises et les Bordelais : 

Les galeries d’art semblent être une alternative afin de pallier le manque d’expositions. Gratuites et intimes, aux secteurs variés et divers, chaque galerie a sa spécificité. Cependant, face au manque d’affluence, que l’on peut attribuer au côté élitiste de ces lieux, des galeristes tirent la sonnette d’alarme :

Rien ne pourra remplacer les musées. Mais la réouverture des lieux culturels ne semble pas pour demain… Roselyne Bachelot a cependant affirmé, dans les colonnes du Parisien en début de semaine : « la culture est au cœur des préoccupations ». Des musées pilotes sont notamment en projet pour accueillir à nouveau du public dans leurs salles vides.

Raphaël Lardeur & Corentin Alloune