Scroll du jour : L’esclavage n’est pas encore aboli en France

Le rapport qui vient d’être publié aujourd’hui est sans concessions : la France ne lutte pas assez contre la traite des êtres humains.

C’est Caroline Piquet, du Figaro, qui rappelle les conditions de création du rapport de la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme). Pendant deux ans, cette instance indépendante a consulté des associations d’aide aux victimes de traite et d’exploitation.

La journaliste relève que seulement une centaine d’infractions pour traite d’être humains ont été enregistrées en France en 2015.

La Croix donne un exemple de ce trafic. Une jeune Africaine à qui l’on a promis du travail, dans une famille installée en France. Résultat : elle sera employée sept jours sur sept de 6 heures à 23 heures, pour 300 euros par mois, tout en dormant à même le sol, sur le cellier.

Comme le rappelle France Inter, « certaines ne savent meme pas dans quel pays elles se trouvent. Mais certaines s’en sortent. Il faut alors se reconstruire, apprendre à travailler pour un salaire ».

France Inter qui note également que dans le monde, le profit du travail forcé serait estimé à 110 milliards d’euros. Comment identifier les personnes prisonnières de trafic ? Marie Boëton, de La Croix, a donné la parole à Sylvie O’Dy, Vice présidente du Comité contre l’esclavage moderne :

 

Parmi ces travailleurs, il ne faut pas oublier les enfants. L’Express estime que « les mineurs sont toujours des victimes, et non des délinquants ou des migrants irréguliers ».

L’Alsace.fr confirme que « beaucoup d’enfants sont contraints à mendier ou à voler ». Arnaque à la charité, vol aux distributeurs de billets ou dans le métro, ces jeunes sont instrumentalisés par les adultes, voire maltraités s’ils ne font pas assez de chiffre.

La dépêche AFP rappelle que la France a été condamnée à deux reprises par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pour avoir failli dans sa lutte contre le travail forcé.

Au fond, tous les articles consacrés à ce rapport publié aujourd’hui s’accordent sur un point, outre l’insuffisance des moyens consacrés par la France à l’identification des victimes : c’est de dissimuler le problème derrière celui plus connu du proxénétisme.

La CNDCH recommande donc au gouvernement de mettre davantage d’argent sur la table pour mieux former magistrats, inspecteurs du travail et policiers, mais aussi de mieux protéger les victimes lorsqu’elles réussissent à s’échapper, notamment en les hébergeant.

Pascal Gaud