Élections à Lège-Cap-Ferret : le défi de la communication

La géographie de Lège-Cap-Ferret, connue principalement pour ses dunes et ses plages, n’est pas celle d’une petite commune ordinaire. Dix villages cohabitent sur ce territoire de 25 kilomètres de long, chacun avec « une âme, une identité et des préoccupations distinctes », selon la candidate aux élections municipales de dimanche Anny Bey.

Le casse-tête de la communication est important pour ceux qui aspirent à prendre le pouvoir sur la presqu’île. Le porte-à-porte ? À quoi bon alors que tant de volets sont fermés dans cette commune où la plupart des habitations sont des résidences secondaires. Le tractage ? Compliqué avec des équipes limitées sur un vaste territoire. En cette dernière semaine de campagne, aucun militant n’arpente les rues désertes de la commune. L’affichage ? Possible, mais hormis quelques panneaux, difficile de dire que la ville est particulièrement décorée pour cette échéance.

Les commerçants, relais des campagnes

Que ce soit pour la candidate divers-droite Anny Bey ou sa rivale marcheuse Véronique Debove, une obligation s’impose : se rapprocher des acteurs économiques et associatifs ferretcapiens pour leur exposer les programmes et prendre le pouls du terrain. « C’est un moyen de faire remonter certaines préoccupations et aussi d’avoir des relais sur l’ensemble de la commune », explique Véronique Debove.

Alors que l’ambiance au Cap-Ferret est terne en cette période creuse, quelques restaurateurs, tabagistes, ostréiculteurs, hôteliers et pharmaciens assurent une présence minimale et animent ce territoire à longueur d’année. Au contact quotidien des habitants, ils deviennent des relais d’information fiables. « Je crois énormément aux phénomènes de réseaux », explique Anny Bey, « La parole se répand et c’est la meilleure manière de toucher l’ensemble de la population ».

Une stratégie efficace ? S’il n’y a pas grand monde sur le bord du bassin d’Arcachon en ce mardi midi, les quelques commerçants présents n’en sont pas convaincus.  « Je n’ai pas beaucoup suivi la campagne municipale », confirme Hervé, qui tient un restaurant le long du bassin, « mais je pense que les préoccupations sont les mêmes pour nous tous, comme le logement saisonnier ou la préservation des plages ». C’est peu dire, pour une cliente installée en terrasse : « allez voir du côté de l’océan, l’état de la plage est désastreux ! » Une thématique que les candidats n’éclipsent pas : Anny Bey et Véronique Debove proposent toutes deux de construire une nouvelle déchèterie au sud de la commune.

Une campagne numérique agitée

Une fois n’est pas coutume, une vraie bataille électorale se joue sur la presque île cette année.  Alors que la commune est aux mains de Michel Sammarcelli depuis 1995, une bascule est possible dès le premier tour. Les Ferretcapiens auront le choix entre trois candidats qui ne ménagent pas leurs efforts pour remporter le scrutin : Philippe de Gonneville, Véronique Debove et Anny Bey.

Dans ce contexte, la communication revêt une importance toute particulière. Plutôt que le porte-à-porte, les candidats ont opté pour des opérations de « boîtage » et inondent les boîtes aux lettres de la commune de tracts et programmes. Le numérique, comme partout, est aussi devenu un support privilégié. « Ça peut être un excellent moyen d’inciter à la réflexion », espère la candidate En Marche, « mais ça ne doit pas être utilisé pour invectiver ses adversaires comme ça a été le cas ». 

Très active sur les réseaux sociaux, Anny Bey est, en pleine campagne municipale, entrée en conflit par messageFacebook interposés avec Françoise Sammaracelli, l’épouse du maire sortant de Lège-Cap-Ferret. « Je pense que ma personnalité peut susciter un intérêt pour la campagne », espère-t-elle.

Victor Goury-Laffont