Une poignée de main pour l’Histoire

De l’historique et du plus anecdotique ce matin dans l’actu. Les dirigeants des deux Corées en guerre s’apprêtent à tenir un sommet alors qu’en France, on s’écharpe pour savoir s’il est opportun d’imposer les cahiers à grands carreaux en primaire. Du côté de l’Europe, la Commission offre un grand bol d’air aux abeilles en rayant de la liste des produits autorisés 3 substances tueuses de butineuses.

 

Quelques chiffres sur les deux Corées. 1953 d’abord, date de l’armistice entre les deux pays après trois ans de conflit armé. 58° ensuite, numéro du parallèle sur lequel est construite la zone démilitarisé entre les deux pays. Zéro enfin, c’est le nombre de sommets inter-présidentiels qui ont eu lieu en Corée du Sud au cours de ces 68 années de guerre larvée. La séquence de cette nuit est donc historique, jugez plutôt :

Poignée de main historique sur le 58e parallèle (crédits : Associated Press)

L’occasion pour Kim Jong-Un de montrer un visage très différent de celui habituellement dessiné par la presse du monde entier : « je suis submergé par l’émotion ». Briser la glace pour faire tomber les murs ? Le président du Sud veut y croire, et dit espérer « un accord audacieux afin d’offrir un grand cadeau à l’ensemble du peuple coréen et aux gens qui veulent la paix ».

Au programme de la journée : négociations, plantation d’un pin de la paix, dîner organisé en compagnie des épouses des deux dirigeants. La paix n’a jamais été aussi proche. « Je suis venu ici déterminé à donner un signal de départ, au seuil d’une histoire nouvelle », a assuré le président nord-coréen, avant de s’engager à une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne.

L’ambiance est à des années lumières de celle décrite par le Figaro il y a 65 ans. Le journal ouvre ses archives et publie aujourd’hui un reportage fascinant au plus près de la signature de l’armistice. « Dans la pagode de la paix aux plafonds déjà moisis j’ai vu échanger les documents de trêve dans une atmosphère de franche hostilité », écrivait alors leur reporter. Deux générations de dirigeants plus tard, un vent de paix souffle sur la péninsule.

 

Éducation, les cahiers à carreaux de la discorde

 

Coup de tournevis chez nos petites têtes blondes ! Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a publié hier 150 pages de recommandations à l’adresse des enseignants du primaire et de la maternelle. Et les réactions, assez tièdes, voire carrément acerbes, ne manquent pas de pleuvoir. « Ça doit faire longtemps qu’il n’est pas allé dans une classe », assène une institutrice dans les colonnes de France Info.

Florilège de mesures : une dictée et un quart d’heure de calcul mental quotidiens, 5 à 10 livres étudiés par an, apprentissage intensif de l’écriture des minuscules, obligation d’utiliser des cahiers Seyes (ceux avec la marge rouge à gauche), … La liste est longue, mais qu’en est-il de sa portée ?

Le ministre la défend dans les colonnes du Parisien : « Ce sont ceux qui cherchent la polémique qui sont du passé. Nous sommes au contraire en train de faire un pas vers le futur. Ce que nous proposons, ce ne sont pas les méthodes de la IIIe République. Ce sont celles du XXIe siècle, qui puisent au meilleur de la tradition et au meilleur de la modernité. »

Mais pour certains profs, ces propositions ne sont rien d’autre qu’une vague de « poncifs [qui n’auront] pour seul effet que de renforcer l’opinion publique négative envers les enseignants et l’école. »

Et sur l’obligation d’utiliser des cahiers Seyes : « En douze années d’exercice, je n’ai jamais vu mes collègues utiliser autre chose que ces cahiers (…) Ça revient à dire ‘j’obligerai les élèves à manger avec des couverts à la cantine’ « . 

 

L’Europe vole au secours de abeilles

(©JoseFernandes / Flickr / CC)

Néonicotinoïdes : le mot est barbare et écorche l’oreille, mais ce sont les abeilles qui en souffrent le plus, les butineuses étant particulièrement sensibles à ces substances que l’on retrouve dans nombre de pesticides. La Commission Européenne a donc décidé ce vendredi d’interdire trois de ces dangeureuses substances.

En première ligne, les géants de l’industrie chimique Bayer et Syngenta multipliaient les recours en justice pour lutter contre l’interdiction. Ils viennent de vivre un sacré camouflet : la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame sont désormais prohibés, suite à un vote des États-membres.

De quoi soulager les apiculteurs qui signaient, hier dans les colonnes de Marianne, une tribune pour défendre leurs abeilles : « Pour l’avenir de l’agriculture et de la planète, la protection des pollinisateurs dont nous dépendons tous est une évidence. Et l’interdiction totale des néonicotinoïdes les plus largement utilisés est une première étape indispensable. »