Guerre en Ukraine: du vin aux fabricants de drapeaux, la Gironde solidaire

Tous les secteurs d’activité sont solidaires de l’Ukraine. Crédit: Paul Lonceint-Spinelli/ Canva.

Treize jours après le début de l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, les premier.e.s réfugié.e.s ukrainien.ne.s s’apprêtent à arriver en Gironde. Le conflit pèse aussi sur le secteur énergétique et sur l’élection présidentielle qui approche.

Ce 9 mars, Sud-Ouest s’habille en jaune et bleu : treize jours après le début de l’offensive russe en Ukraine, le logo du journal a troqué son traditionnel rouge pour les couleurs du drapeau ukrainien.  « Sud-Ouest solidaire » : l’édition du jour consacre un dossier spécial aux initiatives régionales de soutien au pays. A Bordeaux par exemple, Olivier Delhoumeau raconte le travail de fourmi de l’entreprise Drapeaux Déjan Marine. Le reportage nous apprend que deux postes se dédient spécialement à la confection de drapeaux ukrainiens. L’identité des principaux clients ? Les collectivités territoriales, mairies et conseils départementaux en premier lieu. « C’est un petit geste à notre niveau », sourit Manon, une employée de 24 ans.

Solidarité avec l’Ukraine versus dépendance énergétique

A Izon, une commune au Nord de Bordeaux, une première famille de déplacées est arrivée. « Leur vie ne sera plus jamais comme avant », raconte France 3 dans un reportage diffusé hier soir. Sans hésiter, le maire de la commune Laurent de Launay a proposé un logement à Léna et ses 4 filles : « Je n’ai pas eu le temps de prévenir l’État, c’est une urgence humanitaire« . En Gironde, 800 places d’hébergement ont pour l’instant été recensées.

Le secteur viticole participe aussi ! Sur France Bleu Gironde, le consul honoraire d’Ukraine Laurent Fortin promet une vente aux enchères en ligne de vins de toute la France. Des grands noms comme le Château Lafite y contribuent. Un appel « pour soulager un peuple ami en détresse. »

Autre conséquence du conflit : le risque d’un choc énergétique majeur. Pour le ministre de l’Économie Bruno Lemaire, il serait comparable à la crise pétrolière de 1973. « Pétrole et gaz russes : l’autre guerre est déclarée » titre Libération aujourd’hui. « Il faut maintenant aller plus loin […], toucher Poutine là où ça lui fera le plus mal, cesser d’acheter son pétrole et son gaz qui servent à financer sa sale guerre », demande pour sa part Bruno Dive, éditorialiste chez Sud-Ouest. Pourtant à Bordeaux, les cargos transportant des hydrocarbures en provenance de port russes continuent d’affluer : « Mardi 1er mars, le CB Adriatic entre dans le Grand Port Maritime de Bordeaux. […] Sa provenance : le port russe de Primorsk, en mer Baltique », écrit Gwenaël Baudets dans Sud Ouest. Une preuve de la dépendance française et européenne à certains pans de l’économie russe.

Présidentielle : la campagne continue

Un grand écart en cache un autre : la Haute Autorité de Transparence de la Vie Publique vient de dévoiler les déclarations de patrimoine des candidat.e.s. Si Valérie Pécresse caracole largement en tête avec 10 millions de biens déclarés, le président Emmanuel Macron se retrouve plutôt en queue de peloton avec « seulement » 500 000€. « Peugeot 308 pour Poutou » lit-on dans un article de Libération. Le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) clôt la marche des candidats, déclarant uniquement sa voiture personnelle. Son seul bien puisqu’il « n’a pas investit dans la pierre » comme le souligne Le Parisien : comme Yannick Jadot ou Emmanuel Macron, le conseiller municipal de Bordeaux n’est pas propriétaire de son logement.

Des candidat.e.s peu expressif.ve.s sur la question du handicap : l’association APF Handicap se mobilise partout en France aujourd’hui pour réclamer des propositions concrètes pour aider les 12 millions de Français en situation de handicap. « On avait beaucoup d’espoir avec le président Macron, qui avait fait du handicap une grande cause nationale. Cinq ans après quelques avancées. Mais surtout beaucoup d’attentes déçues », regrette Mylan Douthe, coordinateur nationale Jeunesse de l’association, dans la matinale de France Bleu Gironde. A Bordeaux, un rassemblement doit avoir lieu dans l’après-midi.  

Bordeaux Métropole : le pont qu’on attendait plus

C’est un vieux serpent de mer de la métropole : la construction du Pont Simone Veil progresse enfin ! Les premiers éléments de la charpente viennent d’être posés à Floirac en présence du maire de Bordeaux Pierre Hurmic et du président de la Métropole Alain Anziani.  « C’est en novembre 2022 que la jonction entre les deux rives sera visible », a déclaré Bertrand Arnauld de Sartre, chef de projets franchissements Bordeaux-Métropole à Aquipresse. Les plans de cette structure devant relier Floirac, Bègles et Bordeaux promettent une large plateforme urbaine destinée aux piétons. Initialement prévue pour 2020, sa mise en fonction a été repoussée à septembre 2024 à cause de lourds retards de construction.

Paul Lonceint-Spinelli

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