Au Bouscat, un centre de vaccination bien organisé

Depuis le lundi 18 janvier 2021 les personnes âgées de plus de 75 ans peuvent se faire vacciner contre la Covid-19. Dans la métropole de Bordeaux, 9 lieux sont autorisés à vacciner ces personnes. L’hôpital suburbain du Bouscat fait partie de cette liste.

À l’hôpital du Bouscat, environ 48 personnes sont vaccinées chaque jour. ©Abdelmalek Benaouina

« Nous sommes complet sur quatre semaines, toutes les plages de vaccination ont été pourvues en seulement deux heures après leur mise en ligne » affirme Éric Viana, directeur de l’hôpital du Bouscat. 

Dans ce centre de vaccination en périphérie bordelaise, 300 personnes sont vaccinées chaque semaine. Pour recevoir sa dose, la prise de rendez-vous se fait par téléphone ou sur internet (voir infographie). À l’entrée de l’hôpital une pancarte indique d’ailleurs bien « Aucune prise de rendez-vous sur place ». 

Cette organisation minutieuse se ressent dès l’entrée de l’hôpital : l’ambiance est calme, presque studieuse. Les patients, ticket à la main attendent tranquillement leur tour dans le vaste hall de l’établissement. Aux trois guichets habituels qui tournent déjà à plein régime, un quatrième est venu se greffer, dans un coin. Celui-ci a été ouvert particulièrement pour la vaccination. Ce guichet-là a été ouvert exceptionnellement durant la période de vaccination. C’est là que les patients sont reçus par des secrétaires d’accueil récemment embauchées pour s’occuper des formalités administratives. Au bout d’un long couloir blanc, les patients sont ensuite accompagnés par un agent de la mairie dans une autre salle d’attente située juste en face du bureau de vaccination. Là, des tables sont à leur disposition pour remplir le formulaire pré-vaccinal. 

Un médecin les reçoit ensuite dans le bureau de vaccination afin de vérifier avec eux leurs antécédents médicaux et éventuelles allergies. Si le feu vert est donné, l’infirmière va procéder à l’injection du fameux vaccin. 

Avant de rentrer à la maison, dernier passage par la salle d’attente pour s’assurer qu’il n’y ait aucun effet indésirable ressenti.  Si tout va bien les patients peuvent repartir, attestation de vaccination dans la poche. Ils sont ensuite attendus à partir du 21ème jour pour recevoir la deuxième injection et ainsi être enfin immunisés contre la Covid-19. 

Une gestion des vaccins aux petits soins

Minimiser les pertes, c’est l’un des objectifs de la vaccination à l’hôpital du Bouscat. Une salle est dédiée à la préparation des vaccins. « Cette préparation est minutieuse et technique » insiste Francette Fourquez, responsable des soins infirmiers. « Les vaccins Pfizer sont reçus en flacon. Chaque flacon contient l’équivalent de 6 vaccins. Ils sont préparés un peu en amont mais les délais sont serrés car chaque vaccin a une durée de vie qui n’excède pas 6 heures. » Afin d’éviter tout gaspillage, si un patient ne se présente pas à son rendez-vous ou ne reçoit pas l’autorisation du médecin, les professionnels de l’établissement non vaccinés de plus de 50 ans ou qui présentent des comorbidités sont alors sollicités. Les patients de plus de 75 ans pris en consultation externe avec d’autres médecins peuvent également bénéficier, en dernier recours, d’un vaccin qui risquerait d’être perdu. 

Le vaccin Moderna qui devrait arriver prochainement sur le marché sera plus facile à préparer et à conserver. « La vaccination pourra même peut-être se faire en dehors des centres de vaccination », avance Éric Viana. 

Une infirmière prépare les doses de vaccins avec précaution. ©Maxime Asseo

La vaccination : un devoir

« Pour nous c’était quelque chose d’important à faire et même un devoir » expliquent à la sortie de l’hôpital du Bouscat Jean et Josiane, 88 et 85 ans. D’humeur joviale, ils se disent rassurés d’avoir reçu le vaccin contre la Covid-19 mais ne se sentent pas totalement encore en sécurité et ne comptent pas reprendre une vie normale. Les deux octogénaires sont conscients qu’ils présentent des risques et insistent sur leur nécessité de se protéger contre le virus. « Ça a été plutôt simple de venir se faire vacciner, il y a une bonne organisation », assure Jean. Satisfaits de l’accueil et du protocole de vaccination, ils reviendront dans 5 semaines faire le rappel. 

Si la vaccination est vécue comme un devoir pour les patients, ça l’est également pour le personnel de santé et pour le directeur de l’hôpital. « La vaccination rentre dans le cahier des charges de l’établissement. On répond à notre mission de santé ». 

Loin de considérer cela comme une charge supplémentaire, Éric Viana considère que c’est un  comme un complément à la prise en charge des patients atteints de la Covid-19. « Ça n’enlève rien à notre capacité de soins habituelle. » Cela est rendu possible grâce à l’intervention de professionnels libéraux payés par l’assurance maladie, qui viennent en soutien au personnel de l’hôpital. 

Le centre de vaccination de l’hôpital Suburbain n’est pas le seul à être complet pour plusieurs jours. Sur doctolib.fr, impossible de prendre rendez-vous dans les centres Gallieni, Bagatelle ou à la clinique Bordeaux Tondu. Un calendrier chargé, qui montre que les plus de 75 ans sont au rendez-vous de la vaccination.

Maxime Asseo & Abdelmalek Benaouina