Un Noël bordelais sous le feu des projecteurs

Début septembre, la mairie de Bordeaux a décidé de supprimer le sapin de Noël géant de la place Pey-Berland. Une annonce qui avait  fait polémique. À la place, un spectacle numérique « féérique » sera projeté sur la cathédrale Saint-André à partir du 13 décembre. Le collectif local Organ’Phantom est à l’œuvre. Peut-être l’occasion pour Pierre Hurmic d’apaiser les Bordelais attachés à la magie de Noël… 

Organ’Phantom, acteur culturel bordelais.

Noël se veut innovant cette année à Bordeaux. L’immense sapin de 19 mètres de haut qui ornait, jadis, la place Pey-Berland pendant la période des fêtes, sera remplacé par des « Chuchotis et Brouaha », une « video mapping« , ou un « spectacle numérique vidéo« , projeté sur les façades de la cathédrale Saint-André à partir du 13 décembre. La mairie parle d’une  projection « féérique » et promet de l’accompagner d’un « habillage au sol représentant une marelle géante » pour renforcer l’esprit enfantin de l’événement. 

Pour ce projet,  la majorité a choisi de mettre en avant des artistes locaux. Le collectif Organ’Phantom, partenaire de la mairie de Bordeaux depuis plus de sept ans, réalisera les animations lumineuses. Connu à bordeaux pour ses concerts électroniques, le groupe s’est aussi spécialisé dans le « détournement » des lieux emblématiques de la ville. De l’ancienne Base sous marine, située dans le quartier Bacalan, aux ruines du Palais Gallien, Organ’Panthom s’amuse avec le patrimoine bordelais.

Opération blanche  

Mais ces animations lumineuses vont-elles réussir à convaincre les Bordelais et pourront-elles balayer la polémique sur “l’arbre mort” qui a empoisonné le début du mandat de Pierre Hurmic ? Pour justifier sa décision, le maire avait évoqué une baisse des coûts économiques et écologiques. Nous avons contacté la mairie pour en savoir plus. Pour l’heure, aucun élément chiffré sur l’impact environnemental de la coupe et du transport du roi des forêts. La décision semble avoir été prise sans s’en soucier et visiblement sans calcul préalable. L’adjoint au maire, Didier Jeanjean, évoque une simple  “conséquence heureuse”.

Sur le plan économique, la mairie de Bordeaux prônait, dans un premier temps, des économies grâce au renoncement du sapin géant. Elle promettait de reverser les 60 000 euros économisés aux associations de la métropole. Notamment afin de distribuer des livres aux élèves ou financer des troupes de théâtre. Mais le gain annoncé s’avèrerait finalement nul. Le coût économique du “spectacle numérique” s’élèverait, selon France Bleu Gironde à… 60 000 €. Opération blanche donc.


Mais pour la mairie là n’est pas le cœur du sujet. Remplacer le sapin par un spectacle numérique est avant tout une idée novatrice. Un changement qui vient bousculer la tradition mais qui se veut local, culturel et moderne. Organ’Phantom comme l’administration bordelaise ont intérêt à être au rendez-vous pour ne pas attiser les braises d’une polémique déjà bien installée.

Juliette Brossault et Luca Campisi