Peut-être la fin des incertitudes, pas celle des combats

La presse imprime l’air du temps en ce mercredi 11 décembre. Alors qu’Édouard Philippe doit livrer ses éclaircissements sur la réforme des retraites à midi, le ciel s’obscurcit sur les démocraties américaine, britannique et algérienne tandis que Sud-Ouest consacre trois pages à une façade obscure de Bordeaux, où les violences envers les LGBTQI+, témoignent encore d’une intolérable intolérance.

Elle se surnomme Nana, samedi soir elle a fêté à Bordeaux ses 25 ans en discothèque. Puis elle a voulu rentrer chez elle, tranquillement, accompagnée d’amies. Mais c’est à l’hôpital Saint-André que la bordelaise a passé la nuit. Car elle a chuté. De trois mètres. Poussée par dessus le parapet d’un parking. Ces trois mètres de chute ont laissé des traces sur la jeune femme, dans sa chair comme dans son cœur. Plus vertigineux encore que la forme de l’agression, ses motivations: Nana est une femme transgenre, et ses agresseurs, quatre hommes, ne comprennent, n’acceptent et ne tolèrent pas cela. Elle raconte aujourd’hui son calvaire dans les colonnes de Sud-Ouest et exprime son attente la plus saine : « que justice soit faite »

Le quotidien aquitain poursuit l’illustration de la prégnance des LGBT-phobies en Gironde sur deux pages encore. Si les associations et les pouvoirs publics s’attaquent au problème, les résultats se font toujours attendre.

Nana attend la justice et les Français attendent Édouard Philippe. Le Premier ministre doit -enfin- clarifier ce que sera la réforme des retraites. Il est sur toutes les unes. «La contestation faiblit, l’exécutif abat ses cartes » constate Le Figaro. Pour La Croix, l’accent est mis sur le « défi de la pénibilité », enjeu qui, au delà de la réforme, tient à cœur à tous les représentants des salariés. Dans Libération, la double page dessinée de Cyril Pedrosa nous plonge dans les Assemblées Générales et le cortège parisien d’hier.

Toujours dans Libé, Anaïs Moran et Nathalie Raulin nous racontent la mobilisation des « étudiants pas dans le coup » et des « internes remontés à bloc ». Deux reportages en contraste sur une même page. Quoi qu’il en soit, « Désormais, le mouvement social s’installe » prévient L’Humanité, « le rapport de force est posé ». Le journal de Jaurès révèle aussi un « document choc » et titre : « Un géant américain de la finance à l’assaut des retraites des Français ». Le « géant » en question, c’est BlackRock, un tentaculaire gestionnaire d’actifs lorgnant le système d’épargne français pour y insuffler une logique de capitalisation.

Lui ne capitalise pas sur la confiance.Voilà Donald Trump « officiellement mis en accusation par les démocrates » lit-on dans Le Figaro. La Chambre des représentants, hostile au président, a présenté deux articles d’impeachment contre lui : abus de pouvoir et entrave au Congrès. C’est désormais officiel, Donald Trump est le quatrième locataire de la Maison Blanche soumis à cette procédure.

« Les britanniques, appelés demain aux urnes, veulent plus qu’une sortie de l’UE » selon l’édito en une de La Croix, signé Jean-Christophe Ploquin. En cas de victoire du Premier ministre conservateur, Boris Johnson, « le plus dur commencera » car « le Brexit aura été un rite sacrificiel dont on attend qu’il rétablisse l’ordre et l’harmonie ». Plus loin, en page huit, La Croix regarde vers l’Algérie en cette période « d’élection à haut risque » qui s’ouvre pour, enfin, élire un nouveau président. Le processus électoral ira-t-il jusqu’à son terme ? La question se pose. Personne n’y répond.

Richard Monteil