Bordeaux, l’avenir du logement social

Ce lundi, la ville de Bordeaux a validé la vente de 103 logements HLM au bailleur social Clairsienne. Une opération décriée par l’opposition. Pourtant, ces ventes sont de plus en plus régulières dans la ville. L’avenir du logement social est-il en danger à Bordeaux ? Décryptage en 5 questions.

  • Pourquoi Bordeaux vend ses logements sociaux ?

C’est plutôt les bailleurs sociaux qui demandent l’autorisation à la Métropole et celle-ci soumet l’avis à la ville de Bordeaux. Cette dernière peut donc s’opposer à la vente si elle n’est pas d’accord. Ces ventes permettent aux organismes de HLM de remplir leurs caisses, fragilisées par la reforme du logement. Ces ventes doivent servir à reconstruire ou rénover des logements sociaux. La loi Elan, votée en 2018, facilite la vente de logements sociaux. L’objectif de la loi, vendre 20 000 HLM d’ici 2020.

  • Pourquoi les organismes HLM ont besoin de revendre leurs biens ?

Emprunts, sous-financements, augmentation de taxes sur les travaux : les difficultés de ces organismes ne sont pas nouvelles. Cette année, les bailleurs sociaux sont en déficit de 1,5 milliards d’euros. La baisse des aides personnalisées au logement (APL) avait entraîné une réduction des loyers sociaux pour aider les ménages les plus pauvres. Les organismes HLM comptent donc sur ces ventes pour compenser ces pertes.

  • Que représente les HLM à Bordeaux ?

Alexandra Siarri, adjointe au maire chargée de la cohésion sociale et territoriale, explique : « avant 2010, Bordeaux construisait 400 logements sociaux par an, aujourd’hui elle en construit 1 000 ». La raison, un nouveau règlement et une demande plus élevée. La loi Duflot, adoptée en 2013, oblige les villes à atteindre 25 % de logements sociaux d’ici 2025 mais la ville de Bordeaux n’en est qu’à 18 %. « On devrait arriver à 25 % dans six ans » assure Alexandra Siarri. La ville a encore du mal à construire de nouveaux logements par manque de friches disponibles. « Bordeaux n’a pas été détruite par la seconde guerre-mondiale et est resté une ville ancienne avec des quartiers historiques. Nous ne pouvons donc pas y toucher pour libérer de la place. Ce qui fait que nous avons un déficit structurel», explique l’adjointe au maire.

  • Qu’arrive t-il aux locataires des HLM vendus à Bordeaux ?

L’objectif des bailleurs sociaux est de revendre les logements achetés aux locataires occupants. Ils ne sont donc pas mis à la porte ou délogés, comme l’assure l’Arosha, l’Union Régionale HLM en Nouvelle-Aquitaine : « Le logement est proposé à la vente au locataire occupant. Si celui-ci refuse, le logement ne peut être vendu. Ce n’est que lorsque le locataire décide de quitter son logement que le bailleur social peut proposer à la vente le logement à l’ensemble des locataires HLM du département concerné ». La revente des HLM est très encadrée pour éviter la spéculation financière. Les logements qui ont été vendus ce lundi coûtent environ 220 000 euros. Un prix relativement peu élevé qui permet aux classes moyennes basses d’accéder à la propriété.

  • La ville de Bordeaux construit-elle vraiment davantage de HLM ?

Oui, depuis 2012 Bordeaux a construit 23,27 % de logements sociaux en plus.

Rahma Adjadj