Carburants, vins et marronniers : les Bordelais voient rouge

L’ambiance est électrique ce mercredi 14 novembre à Bordeaux, et jusqu’à Washington. Les premiers à être en colère, ce sont les automobilistes français qui dénoncent la hausse des prix du carburant, en particulier du gasoil. Le mouvement des gilets jaunes a annoncé le blocage des routes samedi 17 novembre.

Sud Ouest fait le point sur les blocages prévus ce samedi sur les routes du département.

L’occasion de voir si, même en le faisant exprès, il est possible de mettre la pagaille plus qu’un lundi à l’heure de pointe sur la rocade de Bordeaux. Sud Ouest fait le point sur les axes que les manifestants prévoient de bloquer en Gironde. À Bordeaux, les organisateurs se sont donné rendez-vous au Parc des expositions, et comptent communiquer l’heure à laquelle le blocage est lancé au dernier moment.

Edouard Philippe a tenté de calmer la colère de ces automobilistes dans une interview donnée ce matin à RTL. Le Premier ministre a annoncé le doublement de la prime à la conversion pour « les 20 % de Français les plus modestes ». Ils pourront recevoir 4000 euros en remplaçant un véhicule ancien par un modèle moins polluant. Il a également assuré que le chèque énergie, qui permet d’aider les Français disposant de faibles revenus à payer leurs factures de gaz et d’électricité, sera élargi pour toucher 5,6 millions de foyers contre 3,6 aujourd’hui.

Cette semaine n’est pas la bonne pour prendre la route à Bordeaux, car le pont d’Aquitaine sera fermé les nuits du mercredi 15 novembre au jeudi 16 novembre, et du jeudi 16 novembre au vendredi 17 novembre de 21 heures à 6 heures, remarque Sud Ouest.


On aurait pu penser qu’un bon verre de rouge suffirait à tout faire oublier, mais Donald Trump, lui, semble ne pas apprécier la vue d’une bouteille française. Le président américain a écrit plusieurs tweets, mardi 13 novembre, dans lesquels il critique la politique commerciale française vis-à-vis des vins américains :

« En matière de commerce, la France fait un excellent vin, mais les États-Unis aussi. Le problème, c’est que la France rend très difficile la vente de vins américains en France, et fait payer de grandes taxes, alors que les États-Unis la rendent facile pour les vins français, et fait payer de très faibles taxes. Pas juste, ça doit changer ! »

Alors, France 3 Aquitaine a vérifié ses dires : en effet, « les tarifs douaniers européens sont supérieurs à ceux imposés par les États-Unis aux vins importés d’Europe », d’après le site de la chaîne régionale. Et les vins européens sont plus consommés aux Etats-Unis (4,5 milliards de dollars d’importations en 2017) que les vins américains dans l’Union européenne (553 millions de dollars d’importations).

Pour L’Express, le président américain, qui a créé la polémique en annulant sa venue au cimetière du Bois Belleau, s’est senti en mauvaise posture après son passage en France le 11 novembre : « D’une part, en célébrant une fois de plus le multilatéralisme, en dépeignant le nationalisme en ‘passion triste’, Emmanuel Macron a attaqué tout ce qui structure Trump. D’autre part, le président américain a vu tous ses homologues se réunir un peu sans lui, et à son retour il a vu, à travers la presse, un Macron se posant en leader du monde libre. », explique Jean-Eric Branaa, politologue.


Manifestation contre la coupe des marronniers place Gambetta, le 13 novembre 2018. Photo N.F.

L’autre polémique qui divise Bordeaux, c’est l’abattage des marronniers de la place Gambetta. Mardi soir, les membres du collectif Marronniers à défendre s’étaient réunis pour protester contre la coupe de 17 arbres. Sud Ouest écrit qu’ils « ne désarment pas » malgré la détermination de la mairie à commencer la rénovation de la place. Les travaux devraient démarrer dans la semaine.

Michèle Delaunay, conseillère municipale et ancienne ministre socialiste, s’est exprimée sur Twitter pour demander au maire, Alain Juppé, d’abandonner la coupe de plusieurs arbres. Mais les opposants le concèdent, aucun recours juridique n’ayant été déposé, il est peu probable que le maire abandonne ce projet. Les plans prévoient de replanter de nouveaux arbres : quoi qu’il arrive, les opposants ne vont pas se laisser abattre.