A Bordeaux, la police enfile le masque de la colère

Pendant quarante minutes, les policiers ont manifesté masqués sur la place Pey Berland pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Depuis vendredi,  ils attendent une réponse de la mairie qui souhaite restructurer les services de la police municipale.

« Protéger et servir, pas divorcer et périr », tel est le slogan des policiers municipaux en grève. Crédit photo : Maud Charlet

manifestation police municipaleUn masque blanc sur le visage, les policiers municipaux contestent le plan de restructuration prévu par la mairie en juin prochain. Quarante-huit policiers municipaux, d’après les syndicats, se tenaient debout en rang face à la mairie à l’heure du déjeuner. Le vent souffle fort. Les policiers, eux, n’émettent pas un bruit. Une scénographie qui se veut le miroir du silence que la mairie leur adresse.  Une policière explique : « Quitte à ne pas être entendu, autant se taire. »  Le masque ? « C’est pour montrer que nous sommes unis, que nous œuvrons tous pour la sécurité des Bordelais » précise un policier de la brigade des incivilités.

Mais c’est aussi pour éviter les représailles. Les policiers n’ont pas le droit de manifester pendant leur temps de travail et tous n’étaient pas déclarés grévistes souligne Jérôme Desorthes, représentant CGT des municipaux. « Certains policiers ne se sont pas mis en grève pour ne pas perdre d’argent. » Et puis, la mairie pourrait faire pression. L’agent de la brigade des incivilités témoigne : « En France, il y a le droit de grève mais on connait la mairie de Bordeaux… Nous pourrions ne pas avoir les postes que nous demandons aux localisations souhaitées. » Les deux hommes s’accordent, un mépris particulier pour les policiers municipaux. Les négociations sur l’augmentation des effectifs n’avancent pas depuis 2016 et un deuxième suicide. Jérôme Desorthes, délégué syndical CGT affirme : « Ils ne sont pas assez nombreux, ce sont toujours les mêmes équipes qui reviennent. C’est usant pour eux ».  Vendredi, les syndicats ont été reçus par la mairie mais restent sans réponse pour le moment. La décision devait être prise aujourd’hui durant la réunion mensuelle des élus. S’il le faut, ce silence, ils le briseront dans les jours à venir…

Maud Charlet et Yohann Dessalles