Débat de la présidentielle : record d’audience !

Hier soir, BFM TV et CNews organisaient le premier débat télévisé réunissant tous les candidats à la présidentielleavant le premier tour. 6,3 millions de téléspectateurs ont suivi l’événement.

Le pari est gagné pour les chaînes d’informations en continu. « Il y a eu un engouement très naturel qui s’est développé pour cet événement folklorique, démocratique, 32% de part de marché, c’est historique » nous a expliqué Maxime Gueny, journaliste à Mediaplus. Mais BFM TV a écrasé Cnews si on regarde les audiences en détails. 5.5 millions de Français ont suivi le débat sur la première chaîne d’information en continu tandis que Cnews rassemblait 800.000 curieux. « BFM TV a même battu le record historique de la TNT qui était détenu par TMC. Le 29 janvier dernier, la chaîne du groupe TF1 diffusait une partie de la finale de la coupe du monde de handball. Elle avait alors réuni 4,7 millions de téléspectateurs », a renchéri Maxime Gueny.

 

Les petits candidats, favoris des réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, les candidats favoris des sondages n’ont pas  provoqué plus de réactions que leurs précédentes apparitions télévisées. Mais les moins médiatisés ont enflammé la toile. Les téléspectateurs les ont découverts pour la plupart. A 00 h 40, Poutou, Jean Lassalle, Asselineau et Cheminade étaient en Top Tweet.

 

Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste a notamment enflammé la toile après son accrochage avec Marine Le Pen. « Quand on est convoqué par la police, nous y allons, on n’a pas l’immunité ouvrière », a-t-il asséné à la candidate frontiste. Sa sortie remarquée sur les affaires de Marine Le Pen a eu l’effet escompté. Il a même gagné de nouveaux followers.

Mais tout au long de la soirée le #LeGrandDebat est resté en première position du Top Tweet en France. Environ 300 000 tweets ont été générés lors de la soirée. Avec un pic entre 21 h et 22 h 45.

Un dispositif XXL

Les vingt caméras du réalisateur Jérôme Revon n’ont rien loupé. Une derrière chaque candidat, une grue sur pied et d’autres caméras réparties dans la salle. Une configuration hors norme à laquelle une centaine de techniciens a participé.

Devant le jeu de lumières bleu, blanc, rouge qui illuminait le plateau, chaque candidat avait 1’30 pour répondre aux questions. Mais l’exercice a très vite montré ses limites. Le temps de parole équitable est une équation impossible à résoudre avec autant de participants sur la table. Marine Le Pen, très largement en tête avec 19 minutes tandis que les autres oscillaient autour de 16, 17 minutes.
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Une préparation de longue haleine

Plus de trois heures et demi de débat. Et une seule coupure pub à 22 h. La régie publicitaire de BFM a négocié les prix avant la diffusion du débat. Ce sont des offres qui sont revues à la hausse pour ce genre d’événement, des offres exceptionnelles. Mais les chaînes ne communiquent pas les prix. Avec l’échéance de la présidentielle, elles veulent créer l’événement. « Je ne suis pas convaincu que l’organisation d’un tel débat soit rentable, c’est juste une vitrine extraordinaire pour ces chaînes », a ajouté Maxime Gueny.

Trois grands thèmes ont été abordés, l’économie, la sécurité et le social. « Une dizaine de journalistes de BFM a travaillé avec Ruth Elkrief pour la partie éditoriale, a déclaré Godefroy Fleury, assistant de la présentatrice, depuis samedi dernier, les deux journalistes se sont vues plusieurs heures par jour jusqu’à la dernière répétition, hier à 16 h. » Des centaines de pages à lire, toutes les questions ont été écrites par les présentatrices, chacune de leur côté, mises en commun et ordonnées afin que chaque candidat ait un temps de parole égal.

Quatre millions de moins que TF1

La grande chaîne avait fait le pari, le 20 mars dernier, d’organiser un débat mais uniquement avec cinq candidats. François Fillon, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. La première chaîne d’Europe avait alors réuni 10 millions de téléspectateurs, 47 % de la part d’audience sur les individus de quatre ans et plus. Mais surtout 42 % sur les femmes responsables des achats, les fameuses cibles des annonceurs publicitaires.

Ce qui avait encouragé les deux chaînes de la TNT à organiser leur propre débat. Mais les Français ont leurs habitudes. Les chaînes historiques restent les plus fréquentées. Elles entretiennent des réflexes de fidélité très puissants.

Bradley De Souza