Et si… Nicolas Sarkozy remplaçait François Fillon

Pari gagné pour Les Républicains : Nicolas Sarkozy sera au second tour
de la présidentielle face à Marine Le Pen. Celui qui n’était pas candidat il y a deux mois, a réussi à convaincre les électeurs de droite. 

Nicolas Sarkozy, le (re)retour.

Le résultat était attendu, mais la déception n’en est pas moins grande à gauche. Le 7 mai, les électeurs auront le choix entre Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy lors du second tour de la présidentielle. Avec 26 % et 25 % des voix, le résultat est sans appel. Tous les candidats éliminés au premier tour n’ont pas encore fait part de leurs intentions de vote. Il semble cependant qu’il n’y aura pas, cette fois, de front républicain uni contre l’extrême droite. D’autant que durant cette campagne, Nicolas Sarkozy n’aura jamais semblé aussi proche des idées du FN.

Le défi semblait irréalisable, mais il l’a relevé. En deux mois, Nicolas Sarkozy a convaincu la droite de le suivre, en durcissant ses propos et en accumulant les phrases-chocs. Une campagne que beaucoup ont d’ailleurs comparée à celle de Donald Trump, aux Etats-Unis. Le candidat LR a aussi réussi à réunifier son parti, laissé complètement divisé après l’affaire Fillon. Ce dernier a d’ailleurs rapidement félicité son ancien rival sur Twitter.

Les autres partis n’ont pas manqué de réagir. Jean-Luc Mélenchon (11 % des voix) est le premier candidat à s’être exprimé hier, peu après 20h15. Le champion de la France insoumise est apparu très abattu : «ce que nous redoutions est arrivé. Dans deux semaines, malheureusement, nous aurons à choisir entre deux candidats de la droite extrême. […] Je ne donnerai donc pas de consignes de votes pour le second tour.»

Benoît Hamon (13 %) est lui resté très évasif, se contentant de regretter que la gauche ne soit pas présente au second tour. Difficile de savoir pour l’instant s’il appellera à voter pour Nicolas Sarkozy. Le Parti Socialiste doit se réunir ce soir pour en décider.

Emmanuel Macron tend la main

Seul candidat à dépasser les 10 % de voix et à appeler à voter pour le candidat LR, Emmanuel Macron (16 % au premier tour) s’est montré très prudent hier soir. «Si Nicolas Sarkozy remporte cette élection, il faudra qu’il se souvienne comment il l’a gagné, grâce à quel soutien. Son discours ultra-sécuritaire a peut-être suffi à son camp, mais il ne nous suffira pas à nous !»

Un discours qui semble avoir résonné chez les LR. Une demi-heure après le discours du candidat d’En Marche !, Christian Estrosi faisait déjà un pas vers sa gauche : «Nicolas Sarkozy a cette capacité, comme tout grand chef d’état, à rassembler. Regardez notre parti : lorsqu’il est revenu, il était au bord de l’implosion. En moins de deux mois, il a réussi à le reformer, et aujourd’hui nous sommes tous derrière lui.»

Nicolas Sarkozy lui-même a appelé les électeurs de gauche à voter pour lui : «Je comprends votre déception. Mais à l’heure du choix, je vous demanderai de ne pas penser avec votre coeur, mais avec votre raison. Voulez-vous vraiment d’un parti populiste au pouvoir ?»

L’appel d’Emmanuel Macron pourrait faire pencher la balance en faveur de l’ancien président. Difficile cependant de prévoir le vote des électeurs de gauche. Nicolas Sarkozy devra en tout cas faire des gestes en leur direction s’il veut l’emporter. Dans les derniers sondages, Marine Le Pen était donnée gagnante de l’élection, deux points devant Nicolas Sarkozy …

Remerciements : Didier Micoine, journaliste politique au Parisien, qui a imaginé l’inimaginable pour cet article : le retour de Nicolas Sarkozy.

Coline Ouziel