Les soutiens de Benoît Hamon sont toujours debout

La campagne de Benoît Hamon en Gironde a été lancée le soir du mardi 7 mars. L’occasion pour ses soutiens de se réunir à Cenon, au Rocher de Palmer. Malgré une campagne qui peine à décoller, ses fidèles  envisagent toujours la victoire.

Le lancement de la campagne de Benoît Hamon en Gironde s'est tenu le mardi 7 mars au Rocher de Palmer
Le lancement de la campagne de Benoît Hamon en Gironde s’est tenu le mardi 7 mars au Rocher de Palmer

« J’ai confiance en Benoît Hamon et son programme. » Au Rocher de Palmer, devant plus de 600 personnes, Inès Rabeï clame haut et fort son soutien au candidat socialiste. Du haut de ses 18 ans, la jeune femme tremble un peu, parle trop vite à certains moments. Le stress du premier discours. Malgré cela, rien ne la perturbe. Elle va jusqu’au bout, alternant coups d’œil sur sa feuille et regards au public. Son allocution terminée, des applaudissements nourris se font entendre dans la salle. Des jeunes scandent même son prénom. Une heure après sa déclaration (presque d’amour), Inès est encore un peu sonnée, par sa prestation. Mais quand il s’agit de parler de Benoît Hamon, cette étudiante en Sciences-Politique à Bordeaux reprend très vite ses esprits. « Il a toujours été proche de ses idées. Il est très pédagogue. C’est ma première campagne, le soutenir était une évidence. »

« J’ai besoin de vous »
Ce mardi soir, Benoît Hamon n’est pas présent sur la scène du Rocher de Palmer, à Cenon, pour lancer sa campagne en Gironde. Cenon, « une ville socialiste », comme le rappelle son maire, Alain David. L’homme est en meeting à Marseille, mais son fin et juvénile visage est partout : sur les murs, les portes d’entrée, ou encore, l’écran géant installé face au public. Des personnes dans la salle s’étonnent de son absence. « Ah mais il n’est pas là ? C’est dommage. » Benoît Hamon aurait pu proposer un hologramme pour se dédoubler, mais l’idée a déjà été prise. Alors le député des Yvelines a réalisé une petite vidéo dans laquelle il déclare dès le début, face caméra, les yeux dans les yeux, « j’ai besoin de vous ».

Pour Alain David, il n’y a pas de doute : « Benoît Hamon est la meilleure candidature ».

Car l’ancien ministre de l’Éducation nationale ne décolle toujours pas dans les sondages. Il reste le quatrième homme, derrière Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon. Pour couronner le tout, des membres du Parti Socialiste (PS) hésitent à lui tourner le dos. Certains ont franchi le cap. C’est le cas de Bertrand Delanoë. L’ancien maire de Paris soutient Emmanuel Macron. Il l’a déclaré mercredi matin au micro de France Inter. Nadia, 52 ans, déplore ces défections : « Les ténors du PS sont frileux. Ils ne veulent pas le rejoindre ». Elle enchaîne : « Mais il y a les électeurs aussi ! ».

Car effectivement Benoît Hamon a plus que jamais besoin de ses militants. Ces derniers en ont d’ailleurs pleinement conscience, à l’image de Patrick, 67 ans. « C’est à ses soutiens d’argumenter pour aller voter. »
Pour excuser l’absence de son candidat dans les intentions de votes, Valérie met en avant l’omniprésence de l’affaire Fillon, qui pollue la campagne de Benoît Hamon. « Il est sur le terrain. Il va voir les gens, organise des meetings, mais les médias n’en parlent pas ! », déplore cette quadragénaire. Face au public, Matthieu Rouveyre, directeur de la campagne de Benoît Hamon en Gironde, va plus loin. Il le dit ouvertement, avec force et conviction : « Cette campagne est confisquée par les affaires ».

Un vote d’adhésion
Des hésitations au sein même de son parti , une campagne affectée par le PenelopeGate… Les militants restent pourtant confiants. Ils croient à la victoire. C’est le cas de Guillaume, 23 ans, qui prend l’exemple de la primaire de la gauche. « Personne n’y croyait. Durant la campagne, il était sans arrêt donner deuxième ou troisième. Il peut créer une surprise. Bien malin celui qui saurait prédire le résultat … », déclare-t-il en souriant.
Envisager la défaite de Benoît Hamon dès le premier tour, Inès avoue « envisager cette possibilité, même si l’objectif pour le moment est de se battre pour la campagne ». Alors que faire dans ce cas-là ? La jeune femme, membre du Mouvement des Jeunesses Socialistes (MJS), pense avant tout à la République. « Je voterai pour maintenir le front républicain, même si je ne partage pas les idées des autres candidats. Je voterai « contre » un candidat, et non pas « pour » ! ».
Voter « pour » Benoît Hamon, cette phrase revient dans la bouche des soutiens. Nadia est membre d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). Le 23 février, Yannick Jadot, le président du parti, décide de se rallier au socialiste. Nadia approuve ce choix. Elle se retrouve dans les idées de Benoît Hamon. « Il veut rassembler. Il parle à chacun, il s’adresse à chaque ordre de métier. Et puis, il a une éthique ». Son vote est « un vrai vote d’adhésion ».

Pour Guillaume, 23 ans, Benoît Hamon peut créer la surprise.

Les militants apprécient également la personnalité de Benoît Hamon, comme René, 81 ans. Membre du Parti Socialiste depuis 1969, ce sympathique monsieur à la tchatche facile relève sa modestie. « Il évite de parler de sa personne comme étant sacralisante ». Un trait de caractère qui séduit ses soutiens. Naïma Charaï, l’une de ses porte-parole surenchérit. « Anne Hidalgo a dit ce matin sur Europe 1, qu’il était honnête, sérieux, intègre. J’ai envie d’ajouter qu’il est humble et digne. »

Guillaume, plein d’enthousiasme, met en avant le passé de l’ancien ministre de l’Éducation. « Il est passé par le MJS. Il a su garder ce côté très jeune. » Benoît Hamon incarne un nouveau souffle. Ses idées sont dans l’air du temps. « Hamon est moderne, tout en étant fidèle aux valeurs du socialisme démocratique », explique René.

« Faire battre le coeur de la France », c’est le slogan de la campagne de Benoît Hamon.
S’il ne fait pas encore battre celui de tous les Français, il a l’amour de ses soutiens. C’est déjà ça.

 

Audrey Morard