Brouillard à droite !

Lundi 6 mars. Une journée qui aurait dû clarifier la position des élus de la droite et du centre. Et non. Après une déclaration de presse courte mais précise confirmant son renoncement à la Présidence, Alain Juppé s’est montré dubitatif l’après-midi, quant à la proposition de Nicolas Sarkozy, de le rencontrer avec François Fillon. 

Inflexible à 10h. Nuancé à 15h. Le maire de Bordeaux ne sait pas encore s’il va rencontrer Nicolas Sarkozy et François Fillon. Crédit photo : Corentin Fouchard

Le rendez-vous était fixé à 14h. «Il doit être au téléphone avec Nicolas Sarkozy», rigole une journaliste, tout sourire. Le maire de Bordeaux finit par entrer soudainement dans la salle de presse de l’Hôtel de ville, le pas pressé. Il annonce les grands points du conseil municipal de la ville. Puis, laisse enfin la place aux questions des médias. «Pourquoi renoncer?», «Soutenez-vous toujours François Filon?» Autant d’interrogations auxquelles Alain Juppé n’a pas souhaité répondre. «Vous allez me faire dire des choses que je ne veux pas dire», lâche-t-il à l’issue du point presse.

Une chose est sûre: il ne sait pas, encore, s’il rencontrera François Fillon et Nicolas Sarkozy pendant son déplacement à Paris, de mardi après-midi à jeudi. En renonçant à l’élection présidentielle, «la balle est dans le camp de ceux, qui ont à prendre des décisions. Moi, j’ai pris la mienne! », rappelle franchement Alain Juppé. Une patate chaude dont le maire de Bordeaux veut se débarrasser au plus vite. Lors de son discours ce matin, il admet ne pas être le candidat exemplaire et voulu des Français. Cette exemplarité lui tient à coeur. Avec le candidat François Fillon, le parti Les Républicains est «dans l’impasse, constate lucidement M.Juppé. Il faut essayer de s’en sortir que de foncer tout droit».

Vidéo de Coline Ouziel

« Une décision difficile à prendre »

C’est la cinquième fois qu’il renonce. Celle-ci est particulièrement épuisante. «Je redis ma reconnaissance, mon amitié à tous ceux qui, depuis des mois voire des années, m’ont accompagné, soutenu, encouragé», dit-il d’une voix tremblante et les yeux brillants.

Il n’a pas voulu s’étendre sur sa décision ce matin. Cet après-midi, il confie qu’elle a été «difficile à prendre. Très difficile au vu de mes responsabilités pas simplement au sein de mon parti politique, mais aussi de mon pays. Mais je pense que c’est une décision de sagesse en espérant qu’elle pourra débloquer la situation dans les jours qui viennent.»

Quand on lui demande s’il soutient François Fillon, l’ancien candidat à la présidence reste muet. Ni dans sa déclaration officielle, ni dans ce point presse, il a affirmé son soutien au député de Paris. Une position bancale qui oblige, une fois de plus, le parti Les Républicains à remettre un peu d’ordre, après un week-end et un lundi très agités.

 

Manon Monnier