TH Da Freak, le nouvel espoir lo-fi hexagonal

Pas de doute pour les organisateurs de la treizième édition du festival Bordeaux Rock : l’album The Freak est l’un des coups de cœur de l’année passée. Rencontre avec son géniteur lo-fi, TH da Freak, jeune Bordelais de 23 ans, biberonné au grunge et à la pop culture 90’s. 

TH da Freak, l’album The Freak, le collectif Flippin’ Freaks dont tu fais partie… Il y a beaucoup de freaks dans ton histoire. Pour toi, qu’est-ce qu’un freak ?

Je grave mes morceaux, j’imprime mes pochettes, mes CD sont faits main et distribués gratuitement. Je bosse aussi pour sortir mon dernier album The Freak sur cassette. Avec le collectif Flippin’ Freaks, lancé en septembre 2015, on a envie de faire les choses à notre manière. C’est un peu une posture de notre part de ne pas vouloir être dans le circuit général de la musique. Je pense que c’est ça être freak, quelqu’un qui ne veut pas faire comme les autres.

 

 

Tu as récemment terminé tes études de droit à Toulouse. Aujourd’hui, de retour à Bordeaux, tu te lances pleinement dans la musique. Peux-tu retracer ta trajectoire ?

A l’origine, le collectif Flippin’ Freaks a été créé pour regrouper et promouvoir nos groupes respectifs. Il concentre mon projet, TH da Freak, débuté à Toulouse, il y a deux ans et d’autres groupes de potes comme Mellow Pillow, SIZ ou encore Flanagan. On est une petite quinzaine maintenant. Depuis la création de Flippin’ Freaks, on organise des concerts où l’on fait jouer aussi bien des groupes du collectif que des groupes de Bordeaux ou d’ailleurs, des groupes qui collent à notre ligne artistique axée garage, noise-pop, grunge et shoegaze. Et ça marche plutôt pas mal. Pour ce qui est de TH da Freak, c’est moi avec mon matos, tout seul dans mon appart entouré de mon ordinateur et de mes instruments, synthé, guitare, basse et batterie.

La presse adore coller des étiquettes, ranger la musique dans des cases. Entre la multitude de genres, de sous-genres, on ne s’y retrouve plus. Bref, passons. TH da Freak, où est-ce que tu le ranges ?

Je ne suis pas contre les cases, ni les genres. Je pense que ça permet de mettre une image sur un style de musique, ce qui est plaisant. TH da Freak ? Je dirais que c’est indie-rock, du rock indépendant. Pour être plus-précis, j’aime l’esthétique lo-fi et les années quatre-vingt-dix, tout ce qui est fait maison, du visuel jusqu’au son lui-même. Je ne dirais pas que ma musique est 100% lo-fi. Il y a des artistes qui sont de véritables fanatiques du lo-fi, ils prennent juste un micro, jouent, s’enregistrent et basta. Moi c’est plus du lo-fi travaillé. Par exemple, on a passé deux jours avec un pote à travailler le mixage. Pour ce genre musical, c’est une étape hyper importante pour atteindre le son recherché.

 

Allons encore plus loin dans le cliché : quelles sont tes influences ?

Les groupes des années quatre-vingt-dix m’ont faire découvrir le rock. Kurt Cobain avec Nirvana pour le grunge aux États-Unis et l’attitude plutôt punk qui va avec. My Bloody Valentine et la scène shoegaze en Angleterre et en Irlande, plus dark mais à la fois plus pop. J’aime aussi beaucoup les artistes garage récents comme Ty Segall, Thee Oh Sees et la scène de San Fransisco. Les mecs du label Captured Tracks également, Mac DeMarco, Alex Calder… Tous ces gars font leur son avec des moyens très limités, c’est ça qui est beau. Il y a un côté un peu humoristique dans ce qu’ils font, un aspect lo-fi aussi. Les chansons sont géniales, la composition c’est du grand art.

Tu as aujourd’hui 23 ans, tu étais donc très jeune dans les années quatre-vingt-dix. Pourtant, quand tu cites tes influences ou que tu parles de la ligne artistique de Flippin’ Freaks, on sent que tu baignes dans la culture 90’s. Qu’est-ce qu’elle représente à tes yeux ?

Musicalement, si je devais retenir un seul album, ce serait In Utero de Nirvana qui date de 1993. Quand j’avais 10 ans, j’écoutais Nirvana à fond dans la voiture avec mes parents. Bien sûr, j’aurais pu répondre Nevermind mais en ce moment, je préfère In Utero. La production et les chansons sont exceptionnelles et je trouve que le disque a mieux vieilli. Je peux aussi te parler de Léon réalisé par Luc Besson, qui pour moi est LE film des années quatre-vingt-dix, avec des looks beaucoup trop stylés. Sinon, j’adore tout ce qui est jouets et accessoires de l’enfance de cette époque, les Pogs, les cartes Pokémon sans oublier les jeux-vidéos qui sont géniaux. C’est surtout l’esthétique des années quatre-vingt-dix qui est hyper cool, très colorée, tu as tout.

 

L’album The Freak commence à faire parler de lui, le magazine Gonzaï a récemment publié un article élogieux à ton sujet… Devant un tel engouement, comment vois-tu la suite du programme ?

Ça ne fait pas très longtemps que je fais de la musique en mode sérieux. Mon album est sorti en mai 2016 pourtant, je commence à avoir pas mal de retombées, de sollicitations à droite, à gauche… Il y a un peu de pression évidemment mais ce n’est que du bonheur. Je vais continuer sur ma lancée. Composer, enregistrer, faire des concerts et bien sûr, organiser des soirées avec le collectif.

TH da Freak et les membres du collectif Flippin’ Freaks seront en concert le 11 février, de 15h à 19h, dans les locaux de Radio Paul Bert, 2 rue Paul Bert à Bordeaux. Entrée prix libre.

Valentin Gény