L’uniforme fait rêver les jeunes : effet Bataclan ?

Le 10 mars 2016, le concours exceptionnel de la police a suscité un engouement sans précédent chez les jeunes. Par rapport à la session de septembre, ils étaient 42% de plus à se présenter.  Une vocation pour certains. Une motivation qui fait écho aux attentats du 13 novembre, pour d’autres. 

Les résultats des épreuves écrites tomberont le 21 avril 2016 pour les 35000 candidats. Prochaine étape : les épreuves physiques.

« Les attentats, ça a été une vraie claque ! Les Français, et surtout les jeunes, se sont dits :  » Faut se réveiller ! Faut protéger notre pays !  » ». Voilà comment Delphine, dont le frère est policier, explique le nombre record de candidatures au concours de gardien de la paix. 35 000 candidats ont tenté leur chance ; 2800 seront finalement reçus. Concours exceptionnel par les chiffres mais pas seulement. Chaque année, un seul concours est prévu pour ce recrutement. Les attentats ont changé la donne. Dans le cadre du « pacte de sécurité », François Hollande s’est engagé à créer 5000 nouveaux postes dans la police et la gendarmerie sur deux ans. Cette deuxième session doit donc permettre de recruter plus de 2700 futurs gardiens de la paix.

Les attentats ont-ils aussi pu confirmer, voire encourager des vocations ? Y a-t-il un ‘ effet Bataclan ‘  ? « Je pense que les jeunes qui se sont inscrits à ce concours ont été pas mal influencés par les événements actuels. Par Charlie Hebdo et par le 13 novembre », estime Arnaud Setre, adjoint de sécurité à la police de Bordeaux. Toutefois, ce nombre d’inscrits n’est pas représentatif. Ils sont 20 à 25% de moins à être présents le jour J. « Entre l’inscription et le jour de l’épreuve, ils réalisent que ce métier ne leur convient pas », poursuit Arnaud Setre.

La couverture médiatique des attentats a montré une police sur le terrain, en intervention. C’est d’ailleurs cette image qui a servi pour la réalisation du clip de recrutement de la police nationale, lancé dès décembre 2015. « La SICoP (Service d’Information et de Communication de la Police) s’est adaptée au climat actuel. Il fallait montrer que nous étions sur le terrain, à protéger la population, car c’est ça qui intéresse et inquiète les gens »explique Arnaud Setre.

Cette image d’une police en action convainc. Elle séduit lorsqu’elle incarne sa devise : « Pour la Patrie, ils veillent ».

Cette police-là est loin de celle incarnée par les violences policières par exemple. Elle n’est pas uniforme. Elle a évolué avec les attentats. Durablement ? « On a eu une meilleure image les trois premières semaines, on sentait le respect dans les yeux des gens, et puis les mauvaises habitudes sont vite revenues », reconnaît Guillaume Andrieu, qui a obtenu son concours de police en septembre 2014.

Aurore Richard