Lukas Zeliska, l’homme à finales

L’attaquant slovaque de l’Hormadi d’Anglet en est à sa 3e finale en 3 ans avec deux équipes différentes. L’an dernier, il la gagnait avec Bordeaux, contre… l’Hormadi.

Lukas Zeliska en mode Movember, en novembre 2015 à Anglet.
Lukas Zeliska en mode Movember, en novembre 2015 à Anglet.

Comme possédé. Il descend de la glace, frappe du poing le montant métallique à sa gauche, et balance sa crosse par terre. Il a, dans le regard, une sorte de défiance qui fait peur. Il boit un coup, regagne son banc, puis beugle des insultes dans une langue inconnue, avant de se rasseoir. En demi-finale contre Caen, Lukas Zeliska dévoile un nouvel aspect de sa personnalité.

L’attaquant slovaque de 28 ans arrive en France à 24 ans, en 2012. Lors de sa première saison avec les Boxers de Bordeaux, il termine troisième de D1. L’année suivante, il perd en finale contre Lyon. En mars 2015, il fête enfin le titre, à La Barre, après avoir battu Anglet 3 matchs à 1. Le redoutable sniper du powerplay angloy a débarqué sur la côte basque en août dernier, après la victoire en finale avec Bordeaux : « J’ai beaucoup aimé l’atmosphère qui se dégageait de cette équipe, en finale, l’an passé. Des amis m’avaient dit que c’était une très belle ville et un bon club, donc j’ai voulu tenter l’aventure, parce que je savais qu’ici aussi ils voulaient aller jusqu’en finale« . Un choix qui s’avère payant. Trois belles saisons à Bordeaux, puis il se fait virer, comme ça, dès que les Boxers accèdent à l’échelon supérieur. Autant dire que sa dernière saison, Lukas Zeliska l’a plutôt mal vécue. Il refuse même d’en parler. On sent comme un malaise quand on aborde le sujet.

Lukas Zeliska lors de sa dernière saison à Bordeaux, après la finale gagnée sur la glace d'Anglet, la médaille autour du cou, en avril 2015.
Lukas Zeliska lors de sa dernière saison à Bordeaux, après la finale gagnée sur la glace d’Anglet, la médaille autour du cou, en avril 2015.

Pourtant, « il n’y a pas beaucoup de différences entre Bordeaux et Anglet« , explique celui qui s’était fait choisir au 7e tour de la draft 2006 en NHL par les New York Rangers. « Je suis un joueur professionnel, donc peu importe l’équipe pour laquelle je joue. Si elle va en finale, je fais tout mon possible pour l’aider à atteindre son but« . Et c’est ce qu’il fait aujourd’hui. De la plus belle des manières. Bordeaux, après un début de saison en boulet de canon en Ligue Magnus, a peu à peu dérivé. Les Boxers ont même terminé la saison dans les profondeurs du classement. Ils ont dû se battre pour ne pas redescendre en D1. Lukas Zeliska, avec Anglet, connaît lui une saison particulièrement positive. Quarts de finales, demi-finale, finale… A la veille du match 5 décisif de la finale du championnat de France de D1, à Nice, Zeliska représente un danger pour les Aigles niçois. Le danger d’un homme revanchard, d’un éternel insatisfait. D’un mangeur de titres insatiable. Avant l’échéance, Lukas Zeliska sort même de sa froideur slovaque pour se hasarder à un pronostic. Avec un entrain qu’on ne lui connaissait point. Mais en gardant sa rancunière ironie. « Mon pronostic ? Anglet bien sûr ! Je crois en cette équipe !« . Décidément, Lukas Zeliska se découvre en finale.

Patxi Vrignon-Etxezaharreta