Dossier : Lutter contre le racisme à Bordeaux, un combat de longue haleine

Le 21 mars, François Hollande lançait en grande pompe la Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme. L’occasion de se focaliser sur les actes racistes en France qui ont augmenté de 22% en 2015.

Drôle de surprise pour trois collégiennes du XVIIe arrondissement. A l’occasion de « la semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme »,  Fatou, Anima et Neiba préparent un slam projeté au musée de l’immigration – à Paris. Tandis que la ministre de l’Education Najat Vallaud Belkacem termine son discours, un invité surprise rentre dans la salle. C’est Français Hollande qui viens assister au lancement de la semaine contre le racisme qui fédère plus de 300 initiatives  dont une campagne choc « #TousUnisContreLaHaine ».

Une campagne qui arrive à point nommé. Les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan ont entraîné un climat d’insécurité en France et l’augmentation des actes racistes mais aussi islamophobe. A Bordeaux, la situation serait moins préoccupante. La création, en 2005, du Comité de veille et d’action contre les discriminations et pour l’égalité a permis une meilleur coordination de l’action des différentes associations. En 2014, l’équipe d’Alain Juppé a poussé à la création d’un observatoire bordelais de l’égalité, destiné à mieux comprendre les discriminations sur le territoire de la commune. « Une action d’étude et coordination », explique Mme Boutard, présidente de la commission juridique de la Licra Bordeaux, qui doit déboucher sur un plan de lutte plus vaste contre les discriminations.

« C’est un travail de longue haleine », continue la militante. Les actions de prévention et d’éducation mises en place par les acteurs de la lutte anti-raciste ne suffisent pas forcément à changer les mentalités. Sans compter que les victimes de discriminations hésitent toujours à porter plainte.


 Clément Pouré