Le cinéma latino-américain fait son festival à Bordeaux

Jusqu’au 15 mars, 17 films seront projetés à Pessac dans le cadre des 33èmes Rencontres du cinéma latino-américain. Avec plusieurs mots d’ordre en tête. 

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D’abord celui de la mémoire : 1976-2016, il y a quarante ans, le général Jorge Videla et sa cohorte de militaires renversaient le régime d’Isabel Peron en Argentine. S’en est suivi une série de massacres, de disparitions et d’assassinats. 30 000 disparus, plus de 500 bébés enlevés à leurs parents et donnés à adopter à des militaires de la junte : en chiffres, voici la dure réalité. Travailler sur la mémoire de cette dictature, c’est aussi la donner à voir, tragiquement et oniriquement. C’est pourquoi le premier film projeté au cinéma Jean Eustache de Pessac sera « German ultimas viñetas ». Les cinéastes Christian Bernard et Flavio Nardini raconte l’histoire du dessinateur de BD Hector German Oesterheld, enlevé et jamais retrouvé depuis 1977. Dans les années 50, il avait publié quelques planches qui transfiguraient la réalité des dictatures de cette époque-là en Amérique Latine.

Il faut s’attendre à de la violence, sinon physique, au moins psychologique. Les réalisateurs latinos-américains regardent le monde et le portraiture de manière si particulière. Leurs esprits sont torturés, et ils racontent la vie. Parmi les documentaires en compétition pour le prix du documentaire indépendant, on trouvera l’histoire de femmes vivant en prison, l’invasion du Panama par les États-Unis en 1989 par ceux qui l’ont vécu, ou le combat contre une industrie minière au Pérou.

L’organisation nous promet également des « moments d’échanges festifs ». Nous serons servis. 7 réalisateurs seront présents sur la semaine pour raconter leur expérience de tournage et de vie. Des moments de musiques seront organisés au Quartier Libre ou au cinéma. Et un film sera même tourné dans les prochaines semaines par deux réalisateurs vénézueliens sur les Sarahouis. Histoire de faire partager encore une fois la vie de ces invisibles.

Avant de vous plonger dans les salles obscures, penchez vous sur les films préférés de la rédaction.

Mickael Chailloux