Les militants non-juppéistes contre-attaquent à Bordeaux

La primaire de la droite et du centre aura lieu en novembre prochain. Les états-majors des candidats se préparent. Mais à Bordeaux, la ville d’Alain Juppé, comment les militants partisans de Bruno Le Maire ou Nicolas Sarkozy labourent-ils le terrain ? Quelques jeunes militants acceptent de nous répondre.

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Gaetan et Antony l’arborent fièrement : voici les T-shirts de campagne de la primaire.

Pour les intimes, c’est BLM. Ces 3 lettres siglent un candidat à la primaire de la droite et du centre, quadragénaire qui veut « réinventer la politique » et qui s’est déclaré fin février. Son nom, il le signe de la pointe de son épée, sur tous les T-shirts et bracelets que ses militants, partout en France, distribueront : « Le renouveau, c’est Bruno ».  Ce Zorro de la politique, c’est Bruno Le Maire.

Pourtant, ses partisans sont sur une terre hostile. La ville de Bordeaux est essentiellement acquise à Alain Juppé, également patron de la fédération Les Républicains de Gironde. Et comme en témoigne son passage à la librairie Mollat, le discours de Nicolas Sarkozy séduit toujours. « Mais je suis convaincu qu’il existe un  terreau pour d’autres candidats », affirme Thomas Bex, le référent de la campagne de Bruno Le Maire en Gironde. À 38 ans, ce conseiller municipal à Latresne se charge de motiver les troupes, alors que la campagne de son chef démarre tout juste. Les premiers tractages ont eu lieu à Mérignac. « Les retours qu’on a du terrain sont exceptionnels : sur environ 400 personnes, on n’a entendu aucune critique sur Bruno Le Maire ! »

Une atmosphère plutôt sereine

Pourtant, Bordeaux est une ville juppéiste. Une ville perdue pour autant ? C’est ce que ne veut pas croire cette poignée de militants. Gaetan, Alexandre ou Antony ont 21 ou 23 ans. Ils se sont engagés il y a plus d’un an pour Bruno Le Maire, « parce que j’étais dégoûté du mandat Sarkozy » avoue Antony, référent jeune pour la campagne de l’ancien ministre. « On avait besoin d’une personnalité nouvelle qui met en application ce qu’elle dit.» Le style les a séduit autant que le fond, « les valeurs du mérite républicain et l’équilibre entre les droits et les devoirs ». Et entre « le centre et l’extrême droite, il y a un homme droit dans ses bottes, Bruno Le Maire » nous affirme l’un d’entre eux, très motivé.

Chez les militants sarkozystes, on cherche surtout à « construire la route », selon le référent de la campagne à Bordeaux, Matthieu Louves. Cet étudiant en deuxième année de droit ne veut pas laisser toute la place aux équipes des juppéistes, et bien que son candidat ne se soit pas encore déclaré, il veut « ne pas prendre de retard » et commencer à militer. Il a choisi Nicolas Sarkozy car cela correspond plus à ses valeurs et ses idées politiques, « conservatrices mais aussi libérales ».  Etonnamment, il n’a pas constaté d’agressivité des partisans du maire de Bordeaux depuis qu’il s’est déclaré candidat : « Je connais des juppéistes, et j’ai avec eux de bons rapports. Il y a un peu de rivalité, mais c’est une rivalité saine » ajoute-t-il avant de continuer : « nous appartenons tous au même parti, Les Républicains. Et le candidat s’engagera sur un programme commun à tous ».

Twitter contre-attaque

Alors que les candidats ne sont pas encore entrés dans le dur de la campagne, le premier moyen d’action, c’est Twitter. Le compte La Gironde avec BLM s’est créé, et « ça marche très bien » selon Gaetan de Oliveira, référant de la deuxième circonscription de Gironde. Ils sont deux derrière leur écran ou smartphone à relayer les excursions des lemairistes girondins, comme lors du meeting de Bruno Le Maire à Paris samedi dernier.

La Gironde arrive en force pour @BrunoLeMaire ! #TousAuxDocks pic.twitter.com/eLuLKTBo5R

— La Gironde avec BLM (@BLMGironde) 5 mars 2016

Sous la pluie mais motivés ! #AvecBLM pic.twitter.com/es5iqwElIc

— La Gironde avec BLM (@BLMGironde) 27 février 2016

« Que cela soit sur Facebook, Snapchat ou Twitter, la clé c’est l’accessibilité et la proximité » tonne Gaetan. Donc, on crée des comités de soutien dans tous les départements. Mais sans répondre de manière trop agressive : « c’est la ligne du candidat, nous ne sommes pas dans les attaques personnelles » précise le militant, pour qui le tractage reste cependant essentiel. Pour fidéliser les électeurs, il faut être présent y compris sur Intenet et ça, les militants de tous les candidats l’ont compris.

En tout cas, les lemairistes et sarkozystes continueront à mener bataille à Bordeaux, sans oublier les dix autres candidats. Chacune des équipes fonctionne avec un noyau dur de 10-20 personnes. Certes, les juppéistes avancent un chiffre de 20 à 60 militants actifs à chaque événement. Mais selon Matthieu Louves, il y a de l’espoir « parce que la fédération des Républicains est assez hétérogène, et il n’y a pas que des juppéistes ». La motivation de ses troupes n’est pas encore entamée.

Mickael Chailloux