Sarkozy chez Mollat : dédicace ou conférence de presse ?

Mardi 9 février, Nicolas Sarkozy est de passage à Bordeaux pour faire dédicacer son livre « La France pour la vie ».Quelques minutes avant son arrivée, ils sont presque mille à attendre l’ancien chef de l’état devant les portes de la librairie Mollat. Parmi eux des sympathisants, des curieux et surtout un bon paquet de journalistes. Simple coïncidence ?

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« Tu sais, ce qui m’intéresse ce sont plutôt les gens que les commentateurs. Moi ce que je veux c’est parler aux français, pas parler aux journalistes », nous confie l’ancien Président de la République. Vraiment Monsieur Sarkozy ?

Pourtant quelques minutes avant votre arrivée, ces fameux « commentateurs » sont une bonne trentaine à camper devant la librairie Mollat. BFM TV, Le Petit journal, France 2 et France 3, l’AFP, Europe 1, TV7… Certains n’ont pas hésité à faire le déplacement depuis la capitale. Et à les entendre, ils ne sont pas venus par hasard : «Les attachés de presse ont fait passer le message auprès de nos rédactions », nous explique la correspondante régionale pour BFM TV.

Bon, on ne va pas se mentir, les dédicaces s’enchaînent bien comme prévu. Et les livres partent comme des petits pains. En même pas deux heures, la librairie en vend pas loin de 350 exemplaires. Mais voilà, si l’ancien président est surtout là pour « rencontrer les français », il n’oublie pas de répondre aux médias. « D’abord les journalistes radio, et ensuite les photographes » avertit la chargée des relations presse du chef de parti. La mécanique est bien rodée.

Assis à sa table, l’ancien président est multitâche. D’une oreille, il fait mine d’écouter les louanges de ses sympathisants, de l’autre, il sélectionne les questions des journalistes. La technique fonctionne à merveille. Définitivement, il maîtrise sa communication.

« La séance de dédicace : on n’est pas là pour ça”
Et pour parler de tout sauf de son livre, N. Sarkozy peut compter sur les journalistes. « La séance de dédicace : je ne suis pas là pour ça. Le service politique m’a demandé de le suivre pour lui poser des questions sur la déchéance de nationalité », nous raconte Philippe Dumail, reporter pour France 2. 

Mais tous n’auront pas l’occasion de lui en poser une. Pour ce déplacement, les médias ne sont pas logés à la même enseigne. Pour l’AFP, le Petit Journal ou France Télévision, pas de quoi craindre la barrière d’agents de sécurité. Les autres ? A eux de se débrouiller.

Début de campagne déguisé ou pas, une chose est sûre. Hier, à Mollat, l’homme politique avait bien du mal à se cacher derrière sa casquette d’écrivain.

Pierre Steinmetz, Salomé Parent et Alexis Tromas