Agir pour la planète en quelques clics

Oeuvrer pour la planète et le climat grâce au numérique, c’est le pari un peu fou réalisé par l’activiste Elliot Lepers. En moins d’un an, il a lancé deux outils destinés à diminuer l’empreinte carbone. 

Capture d’écran 2016-01-28 à 12.35.16Premier objectif : tuer Amazon, rien que ça. Amazon Killer est une extension internet à installer sur un navigateur. Lancée en décembre 2014, son fonctionnement est assez simple. Elle permet de rediriger la recherche d’Amazon vers une liste de librairies proches de l’utilisateur où l’objet est en stock. Pas de livraison et une empreinte écologique moins salée pour le consommateur. Elliot Lepers revendique pour l’extension environ 25.000 téléchargements.

  • « J’ai redécouvert mon libraire de quartier grâce à Amazon » s’amuse Hubert Harnois, utilisateur d’Amazon Killer depuis un mois. Ce Parisien de 56 ans  se réjouit de pouvoir contourner le géant du net et d’en revenir à des commerces de proximité. La rapidité est aussi un de ses arguments : « Avant il fallait que j’attende une semaine, parfois plus, pour que mon livre soit livré. Et encore, je ne parle pas des fois où je n’étais pas là pour le réceptionner, ni des articles qui ne sont jamais arrivés. » Maintenant il passe devant la librairie la plus proche de chez lui indiquée par l’application, en quelques minutes c’est bouclé. Hubert regrette même qu’il n’existe pas d’Amazon Killer pour tous les types de produit.

90 jours pour changer ses habitudes et devenir écolo au quotidien

90 jours
Capture d’écran du site

C’est dans cette même veine qu’est née 90 jours, application disponible sur iPhone, Androïd et sur le web. Une petite soeur qui se veut plus ambitieuse. Elle a été lancée le 10 septembre 2015, à quatre-vingt-dix jours de la fin de la COP 21. L’application lance à l’utilisateur vingt défis écolos. Libre à lui de cliquer sur « J’ai réussi », « Je le ferai plus tard » ou « Je ne le ferai jamais ». Les défis sont divers. De l’affichage d’un autocollant « stop-pub » sur sa boîte à lettres au nettoyage de sa maison au vinaigre blanc, en passant par l’acquisition d’un calendrier des fruits et légumes de saison. Dans l’onglet « statistiques », il peut voir combien de kilogrammes de CO2 il a économisés ou combien de litres d’eau ont été épargnés. A ce jour, Eliot Lepers revendique globalement 30 millions de CO2 et 210 millions de litres d’eau grâce aux 490.000 défis réussis par près de 70.000 utilisateurs.

  • Louison Van de Meerssche utilise l’appli depuis un peu plus d’un mois. C’est une amie qui lui en a parlé aux abords de la COP21. L’étudiante parisienne de 21 ans ne se définit pas vraiment comme une « écolo de base ». « Mon seul geste au quotidien c’est de faire du recto-verso sur les feuilles ! ». Pour l’instant, elle a rempli une dizaine de défis. « J’utilise l’application par vague, c’est un rythme qui dépend de ma motivation et de ma disponibilité en fait ». Une écologie un peu à la carte qui permet de cumuler une multitude de petits gestes. « Ça m’a permis de réaliser que des choses très simples peuvent faire la différence ».

 

Elliot-Lepers-—-©-Edouard-Ducos
Elliot Lepers

Portrait expresso

A 23 ans, Elliot Lepers est un bricoleur du web depuis longtemps et connaît déjà plusieurs succès. Amateur d’opérations coup de poing sur la toile, il a notamment lancé l’application MachoLand contre le sexisme. En 2012, cet adhérent d’EELV mène la campagne numérique remarquée d’Eva Joly au coté de ses autres combats. Lorsqu’on l’interroge sur son cyberactivisme il répond simplement : « Je suis avant tout un militant de terrain. Sur internet les mécanismes sont les mêmes mais le numérique offre des outils utiles pour mener à bien ses combats. C’est un espace d’expression riche.» « Je suis avant tout un militant de terrain. Sur internet les mécanismes sont les mêmes mais le numérique offre des outils utiles pour mener à bien ses combats. C’est un espace d’expression riche.»

 

 

Camille Humbert et Clarisse Martin