Pour tout l’or des fréquences

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Attention, vous entrez en terrain miné. « C’est pour un magazine école, hein ? » demande le chercheur du CNRS enfin joint au téléphone. « Parce que si c’est une publication nationale, je ne peux pas avoir le même discours, vous comprenez… ». On commençait à flairer une piste. « Envoyez-les questions à notre service de presse, nous demande cette fonctionnaire du Ministère de la Santé. Il me les transmettra, je les lui soumettrai, et elle vous les renverra après validation». Pas simple, en effet, le protocole.

On enquête depuis deux jours sur les fréquences 700 MHZ, dites « en or ». On prend le ticket au péage, donc, avant de subir le ballet des agences : Arcep, ANFR, l’ANSES, et on note la tonne de rapports référence : UE, OMS, etc. Il y a bien, nous a-t-on dit, un Itinéraire bis : les Robin des bois (pardon, des toits), ATTAC, ARTAC, CRIIREM,et autres lanceurs d’alerte, mais c’est moins reconnu.

On appelle quand même. Sait-on jamais ? « Je viens d’avoir notre chercheur au téléphone et voici ses réponses ci-dessous en rouge. Bien signer xxxxxxx, car je vous écris en son nom ». Bon, côté association, a priori c’est pas gagné non plus. Bref, un beau chantier. Mais au fait, de quoi parle-t-on (ou pas) ?

D’un pactole de 2.8 milliards d’euros. Pour qui le pactole ? L’État. Et pour quoi ? La vente de fréquences capables de percer le béton. Rien que ça. On les dit « en or ».  A ce prix là, c’est sûr. Les acquéreurs ? Orange, SFR, Bouygues et Free. Ensuite, deux écoles s’affrontent. Pour : l’État, évidemment, et la science officielle. Contre : quelques médecins, leurs associations et leurs patients. Enfin, pas tous : les seuls sujets électrosensibles (qui ont les yeux qui piquent lorsqu’ils téléphonent).

Sujet aussi sensible que ces sujets (électrosensibles) ?
« Bon, de toute façon, je peux bien en parler. Je suis à un an de la retraite », admet un de nos interlocuteurs. Et puis là on s’est demandé : qu’est-ce qui pourait éclairer l’improbable lecteur venu se perdre sur ce site confidentiel qu’est Imprimatur? Réponse en image.

P. Corazza & V. Breuil